« Une fêlure, qui se serait transformée en force de vie. »

Critique écrite dans le cadre de Masse Critique Babelio

Deuxième titre de la rentrée littéraire que je découvre : Le Cri de Thierry Vila aux éditions Grasset, dans la sélection du Prix Femina.

Ce roman se déroule à bord d’un pétrolier, avec un équipage presque exclusivement masculin. On découvre Lil Servinsky : métisse franco-rwandaise d’1m85, très belle, qui officie comme médecin de bord et chirurgien. Ce personnage fascine, c’est une femme libre, tellement qu’elle a choisit l’errance comme lieu de vie, elle refuse les diktats de la société et vit comme bon lui semble. C’est-à-dire de manière peu sociable, entourée de livres et sans pied-à-terre. Evidemment cette grande silhouette silencieuse fascine les hommes de l’équipage, certains sont attirés, d’autres énervés, et la plupart frustrés par cette femme sur laquelle ils n’ont aucune prise, et qui préfère passer ses journées avec le petit personnel étranger ou à déclamer de la poésie face à la mer.

Peu à peu sa curieuse personnalité l’ostracise complètement. Les hommes n’apprécient pas l’image de leur propre vulgarité qu’elle leur renvoie. Les rumeurs naissent, et des vengeances se fomentent. Pourquoi ce titre, Le Cri ? On pense évidemment au tableau de Munch, et cette silhouette hurlante et effrayée. C’est ce que subit Lil entourée de ces hommes, mais c’est aussi ce trouble compulsif qui la pousse parfois à lancer des cris sonores.

J’ai été fascinée par ce personnage, et par ce huis-clos sur la mer. Néanmoins, j’aurais aimé que l’auteur creuse davantage le passé difficile de Lil. Egalement, on en sait peu sur les autres personnages. L’écriture est très poétique, mais je n’y ai pas été très sensible, car j’apprécie peu les longs monologues et les descriptions qui s’éternisent. Le drame est également trop prévisible, mais ce qui l’entoure et ses conséquences ne le sont pas.

En bref, si vous êtes sensibles à une certaine forme d’écriture poétique, plongez-vous dans ce roman. Quant à l’histoire, bien que pas assez poussée à mon gout, elle a le mérite d’offrir un cadre inhabituel.

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A lire en écoutant Yann Tiersen – L’absente

Une autre femme errante Lulu femme nue d’Etienne Davodeau

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