Interview : Jonathan Hammel, auteur de romans

Jonathan Hammel, auteur de romans

 

J’ai découvert la plume de Jonathan grâce à son livre Mémoires d’un sein (chronique ici) qu’il m’avait gentiment envoyé. Après quelques échanges, j’ai décidé de faire une interview afin qu’il vous parle de son quotidien atypique de médecin/auteur. Il revient également sur son choix de l’auto-édition, mais également sur ce qu’il pense de la communauté des bookstagrammers. Spoiler alert : il en pense du bien ! 

 

Tu as un profil atypique, peux-tu te présenter ?

Bonjour Nina et merci pour ces questions ! J’ai suivi une formation de médecin généraliste à Bordeaux, complétée par des diplômes en mésothérapie et en médecine esthétique. Après quelques années d’exercice de la médecine générale, j’ai décidé de m’orienter vers la médecine vasculaire, spécialité que j’exerce actuellement de façon exclusive. Parallèlement à cela, je suis pianiste et j’ai eu l’occasion d’enregistrer mes compositions sur un disque en piano solo, publié par TwinFizz Publishing en 2015. Mon aventure dans le monde de l’écriture a commencé il y a environ 10 ans.

Comment et pourquoi t’es tu lancé dans l’écriture ?

Le dernier jour de mon internat de médecine, j’étais de garde en cardiologie et c’était une journée assez calme. Naturellement et sans y penser à deux fois, j’ai ouvert mon ordinateur et commencé à écrire. Quelques mois plus tard, ce premier jet de pensées était devenu mon premier roman, qui racontait la lente évolution de jeunes internes en médecins. Je l’ai appelé Stéthos & Cie, et c’était incroyable de voir les réactions de médecins de tous âges qui se reconnaissaient dans telle ou telle anecdote. J’ai d’ailleurs remporté le prix Hippocrate pour ce livre, délivré par le groupement des écrivains médecins.

Quels sont les sujets de tes romans ?

Après mon premier qui se focalisait sur mon internat de médecine, le second, Des îles et d’elle, racontait mon expérience en tant que médecin généraliste sur les îles de Saint-pierre-et-Miquelon. j’y ai passé deux mois en 2008, et ce fut inoubliable. Là encore, j’ai commencé à écrire surtout pour moi-même, pour garder une trace de cette tranche de vie. Et puis, progressivement le récit s’est étoffé et j’ai voulu le partager.

Peux-tu nous parler de la publication de ton premier ouvrage ? 

Pour Sthétos & Cie, en 2008, après les habituels refus des maisons d’éditions « historiques », j’ai utilisé une formule d’auto-édition offerte par les éditions Coëtquen, en Bretagne. Ce fut pour moi une expérience très positive, avec un éditeur très professionnel, qui m’a d’ailleurs proposé un contrat classique à compte d’éditeur pour mon deuxième roman, Des îles et d’elle, en 2012.

313C+j4O+DL._SX195_.jpgPour Mémoires d’un sein tu as fait le choix de l’auto-édition, pourquoi ?

Là aussi, j’ai reçu un grand nombre de lettres de refus de la part des éditeurs classiques ; par ailleurs, les délais d’attente sont longs, les lettres minimalistes…et puis, les éditions Plon m’ont répondu en me conseillant de publier chez leur partenaire Librinova, qui se spécialise dans l’auto-édition. J’ai décidé de tenter l’aventure.

Quels sont pour toi les avantages et inconvénients entre la publication dans une maison d’édition et l’auto-édition ?

L’avantage de l’auto-édition est sans doute la plus grande liberté de manœuvre qu’elle offre dans tous les domaines (c’est une autre façon de dire qu’on est livré à soi-même !). Pour être honnête, j’ai absolument tout fait de A à Z : correction du manuscrit, organisation d’un concours sur internet pour trouver la bonne couverture (originale), écriture de la quatrième de couverture, du résumé, d’une grande partie du communiqué de presse…sans parler de la promotion, qui est chronophage mais indispensable si l’on veut faire connaître son livre ! Je pense qu’un éditeur « classique » offre plus de support à ses auteurs sur tous les points déjà abordés, ainsi que sur d’autres points essentiels comme la publicité, la diffusion du livre et le placement en librairie…

Comment combines-tu ta profession de médecin et le travail d’écriture ?

Jusqu’à maintenant j’ai surtout travaillé comme médecin remplaçant, ce qui m’a donné une grande flexibilité au niveau du temps libre (il a pu m’arriver de ne pas travailler pendant plusieurs mois). Mes horaires vont maintenant se régulariser car je viens d’accepter un poste fixe ! Il y aura donc une période d’adaptation nécessaire, mais je suis sûr que je trouverai des créneaux propices à l’écriture dans cette nouvelle vie.

Aimerais-tu être un auteur à plein temps ?

Ce n’est pas réellement une question que je me pose, car je viens de signer un contrat comme médecin vasculaire dans une clinique parisienne. Je vais sûrement y travailler pendant de longues années, et j’en suis très heureux ! L’écriture reste une passion qui peut coexister avec un métier plus « sûr »…

Que préfères-tu dans ton expérience d’auteur ?

Je dirais deux choses : la première, c’est que j’aime écrire. Pour moi, c’est une activité créatrice pleine, dans laquelle j’aime m’immerger et me perdre. La seconde, ce sont les retours que me font les lecteurs. Je n’en suis qu’au début de la promotion de Mémoires d’un sein, mais je suis déjà comblé par les chroniques des blogueurs d’une part, et les messages spontanés de lecteurs d’autre part. On m’a déjà écrit de New York, de Montréal, de Belgique et de Suisse ! Savoir que le livre voyage et que les gens sont touchés par cette histoire est déjà un succès pour moi.

Que penses-tu de la vague des bookstagrammers et blogueurs littéraires ? 

C’est un monde que j’ai découvert à l’occasion de la sortie de Mémoires d’un sein ! J’ai été très agréablement surpris par l’enthousiasme de cette communauté, immensément bienveillante, pour les livres et les auteurs. Rien que pour ça, je suis content de m’être auto-édité car je ne sais pas si j’aurais fait l’effort de découvrir ce monde si toute la promotion du livre avait été organisée par des tiers. J’ai même envie d’organiser des rencontres entre auteurs et blogueurs à Paris, où j’habite, pour « humaniser » les échanges électroniques autour de quelques bières !

Quels sont tes goûts littéraires personnels ?

J’ai une attirance particulière pour les romans de Romain Gary, Joseph Kessel, Albert Cohen…mais il m’arrive aussi de lire des ouvrages de psychologie sociale et des biographies. Je vais bientôt commencer celle de Leonardo da Vinci qui a l’air passionnante. 

Lis-tu d’autres auteurs / médecins tels que Martin Winckler ou Baptiste Beaulieu ? Qu’en penses-tu ?

J’ai lu les livres de Martin Winckler, qui en plus d’être un excellent écrivain, est très sympathique ! Nous correspondons par email de temps en temps et il est toujours très encourageant dans ses réponses. Par ailleurs, je suis en train de lire Check-point, de Jean-Christophe Rufin, qui est bien sûr impressionnant à plus d’un titre.

Un dernier mot pour les personnes souhaitant se lancer comme auteur ?

Oui : si c’est une envie qui découle d’un désir profond d’écrire, de s’exprimer, alors il faut le faire. Car même si presque personne ne lit votre livre, le fait même de l’avoir écrit est déjà une victoire. Car pour devenir écrivain, il faut écrire…

 

Merci Jonathan !

itv jonathan

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