« Les rues de Paris sont un distributeur à souvenirs. »

Vernon Subutex T1 de Virginie Despentes aux éditions Grasset / Livre de Poche.

Vernon Subutex est un ancien disquaire rock, au charisme indéniable et au regard azur. Malheureusement pour lui le marché du disque n’étant plus ce qu’il était, il s’enfonce peu à peu dans la galère, jusqu’à se retrouver à la rue. Il se lance dans une quête particulière, celle d’un endroit où crécher, auprès de ses anciens partenaires de la grande époque Sex, Drugs & Rocknroll.

Il s’invente une rupture au Canada, pour ne pas trop passer pour un miséreux. Personne n’est dupe. Et ce sont ces réactions plus ou moins indifférentes qui intéresse Despentes. La plupart veulent bien l’héberger quelques jours, mais ils ne s’intéressent pas à la situation de l’ange déchu à long terme, dès la porte de sortie franchie. Ici la vie est rude, il y a de l’amitié, de l’amour mais surtout de la hargne, du mépris et de la jalousie. Les personnages croisés s’expriment chacun à leur tour ; ancien scénariste à succès, pornstar vieillissante, riche financier, mères de famille amères, etc. La galerie de personnage est riche et c’est une véritable prise de vue de la société contemporaine, dans ce qu’elle a de pire. Les monologues sont longs et plein de haine et de désenchantement face au pouvoir, aux amis, à la politique, aux nantis, aux chômeurs, etc. Tout le monde en prend pour son grade sous les coups de stylo acérés de l’auteure.

Ce feuilleton social est également une enquête, menée comme un jeu du chat et de la souris. Tandis que Vernon contacte sur Facebook les fantômes de son passé et recherche un squat, le tout-Paris enquête sur ce mystérieux disquaire qui détient des vidéos exclusives et testamentaires d’Alex Bleach, rock’n’roll star qui vient de décéder.

On plonge facilement dans cette chronique acide et parmi ses dizaines de personnages. Même si l’on ressort parfois sonné par la vision de la vie de Despentes, la dernière page ne donne qu’une envie : lire le tome 2.

Une phrase marquante : « Quand on est jeune on croit qu’on cicatrise : elle avait appris qu’on doit s’amputer pour survivre.  »

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A lire en écoutant Tostaky de Noir Désir

Un autre livre de Despentes à lire Apocalypse Bébé

 

 

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